Messe du 29e dimanche ordinaire

Don Italo Molinaro, à l’église de Melide, Tessin, le 21 octobre 2007
Lectures bibliques : Exode 17, 8-13; 2 Timothée 3, 14 – 4,2; Luc 8, 1-8 – Année C

Désirer est très important. Le désir est le moteur de la vie ! La Parole de Dieu vient de nous rapporter l’histoire de deux désirs très forts : Moïse qui désire sauver son peuple et la femme qui désire la justice de la part du juge. Enfants, faites-nous voir encore le signe de Moïse lorsqu’il voulait gagner sa bataille et sauver son peuple. Moïse le désirait de tout son corps et, lorsqu’il n’en pouvait plus tout seul, il s’est fait aider pour tenir les bras étendus de son désir. La femme de l’Evangile aussi désire tellement et ne cesse pas, avant d’avoir obtenu la justice qu’elle réclamait.
Les chrétiens désirent recevoir le Seigneur Jésus ! Enfants, faites-nous bien voir le signe de ce désir. Il y a une ancienne explication de ce signe. Elle dit que le chrétien prépare une sorte de trône pour recevoir le roi du monde ! Cette communion reçue en nos mains est donc véritablement un signe de grand désir, de grand respect, d’amour et de dignité !
Nous désirons Jésus, ami, force, orientation dans la vie et Sauveur !
Mais il y a une grande question de la part de chacun de nous : le désirons-nous suffisamment ?
Le désir est un autre nom de la foi. Jésus se demande si, sur terre, il y a encore la foi. Quand il vient parmi nous, trouve-t-il la foi sur la terre ? Trouve-t-il quelqu’un qui le désire ? Nous avons besoin de renforcer notre désir, à l’exemple de Moïse, pour la prière, mais aussi en recevant le pain de la communion.
Et, peu à peu, se produit un MIRACLE, parce que nous sentons en nous un autre désir : le désir de DONNER, c’est-à-dire de TRANSMETTRE ce que nous avons reçu. C’est ce que disait aujourd’hui l’apôtre Paul à Timothée : transmets le message que tu as reçu depuis ta jeunesse ! Transmettre, c’est la mission ! Et le désir de transmettre peut vraiment commencer quand on est jeune. J’ai pensé pour la première fois à devenir prêtre quand j’ai reçu la première communion. Je voulais transmettre ce que je commençais à désirer et à aimer !
Aujourd’hui est la « Journée missionnaire mondiale ». Beaucoup de personnes, aujourd’hui encore, partent vivre dans des pays lointains pour être missionnaires, pour transmettre l’Evangile. Je vous ai parlé de moi, qui transmets en tant que prêtre, mais la majorité des missionnaires du monde sont des catéchistes laïcs et très nombreuses sont les femmes. Aucun prêtre missionnaire ne pourrait travailler sans les catéchistes et sans ces femmes : ils sont très importants dans l’Eglise, dans la famille et dans la société. En cette Journée missionnaire mondiale, par exemple, les catholiques suisses sont en contact avec une dame de Papouasie Nouvelle-Guinée, un petit pays proche de l’Australie. Elle se nomme Cathy Pilang, elle est infirmière diplômée, a quarante ans, cinq enfants et elle est veuve. Nous pouvons lire une interview d’elle-même dans le dossier préparé par Missio, une organisation internationale qui récolte des fonds pour les distribuer aux missionnaires en place.
La quête d’aujourd’hui est justement destinée à Missio. Très intéressante est l’interview de Cathy Pilang. C’est une femme qui a une grande foi en Dieu et qui dit : « Après Dieu, il y a ma famille et mon travail ». Elle explique les difficultés de la vie dans son pays, à cause de la pauvreté et de la mauvaise politique des autorités. Elle raconte aussi ce que font les catholiques pour l’école, la santé, pour mettre fin aux guerres et à la haine des diverses tribus. Vous voyez qu’en tout cela les chrétiens transmettent beaucoup de choses parce qu’ils permettent à la société de construire l’avenir. Avant tout, nous transmettons par notre travail, notre implication familiale et sociale. De cette façon, nous pouvons aussi être missionnaires. Mais il est bon de lire aussi ce que Cathy Pilang écrit au sujet de son église : son père avait donné le premier terrain pour accueillir les missionnaires il y a cinquante ans. Donc, une église très jeune. Pensons à notre église de Melide : depuis mille cinq cents ans on y célèbre l’eucharistie. Mais peut-être en Papouasie Nouvelle-Guinée Cathy Pilang et ses compagnons de foi sont-ils plus engagés que nous, prennent-ils plus au sérieux cette mission. Cathy Pilang dit : « les femmes sont les ouvrières les plus actives du peuple de Dieu ».
Mais dans nos paroisses aussi, que ferions-nous sans l’engagement des catéchistes et de nombreuses femmes qui se mettent à disposition pour tant d’activités. Nous avons vraiment besoin de leur aide.
Cette semaine se déroulent les élections fédérales : tous demandent aux partis, aux politiques, à l’Etat, de faire beaucoup de choses pour la sécurité, le travail, l’école, les jeunes, les malades. Tous demandent et exigent, mais que faisons-nous pour notre société ? S’il y a des problèmes, ce n’est pas seulement une question de politique, mais d’éducation et d’engagement dans les familles, de responsabilité de tous. C’est ici que nous devons transmettre quelque chose : d’abord désirer, puis partager et transmettre les valeurs que nous avons fait croître en transmettant aussi la foi, comme une force de paix, de solidarité, d’engagement et de responsabilités. Chers adultes : ce n’est pas seulement la fête attendue de la première communion habituelle, mais un appel à réfléchir, à se remettre en cause et à se demander si ce n’est pas le moment de changer des choses dans notre mode de vie, dans nos priorités. Cela aussi est une mission !
Vous, jeunes, vous pouvez transmettre beaucoup de choses et vous pouvez vous approcher de Jésus avec votre joie, vos sentiments, votre énergie, vos talents. Vous avez entendu, par exemple, ces jeunes de la chorale d’Agra, transmettre la joie de l’Evangile par leurs voix. Vous aussi, jeunes de Melide, vous pouvez transmettre ce que vous avez désiré et reçu.
Parmi vous, il y a un camarade qui peut nous enseigner tant de choses : Alessandro. Lui-même le désire tellement ! Et il insiste jusqu’à ce qu’il reçoive ce qu’il veut ! Il désire la présence et l’affection de ses parents, il désire sa petite sœur Emma. Il désire qu’on s’occupe bien de lui dans son institut : quand on lui fait la douche, les massages, la physiothérapie. Il désire tellement et reçoit tellement. Mais Alessandro est aussi très désireux de transmettre parce qu’il donne tellement aux personnes qui lui sont proches.
Tous, nous pouvons désirer, tous, nous pouvons recevoir et transmettre ! Laissons aussi un espace au Seigneur Jésus dans nos désirs et apprenons à lui préparer un trône dans notre vie, pour le recevoir. Je suis aussi conscient que si nous agissons ainsi nous serons nous aussi protagonistes du grand miracle de la mission dans la famille, dans la société et dans l’Eglise.
Amen.

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